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Cadeau original belle-mère

Texture du tissu d’un coussin blanc, cadeau original belle-mère

Aucun autre destinataire ne combine autant de contraintes. L’objet sera examiné, comparé à celui de l’an dernier, éventuellement à celui offert par quelqu’un d’autre, puis conservé et ressorti. Vous n’offrez pas seulement un cadeau : vous versez une pièce au dossier.

Le cadeau maison, terrain miné

Le réflexe le plus courant est d’offrir quelque chose pour l’intérieur. C’est logique, et c’est risqué. Un objet de décoration porte forcément un avis sur son goût à elle, et cet avis sera lu, que vous l’ayez voulu ou non. Un vase choisi par vous dans un salon qu’elle a composé, c’est une proposition de correction.

Le seul moyen de rester sur ce terrain sans danger est de choisir un objet qui ne prétend à aucun style : blanc, sobre, sans motif, sans époque. Il s’insère alors dans n’importe quel décor sans le contredire. Tout ce qui affirme un parti pris esthétique se transforme en commentaire.

Ce qui se lit comme un jugement

Trois catégories envoient un message que vous ne contrôlez pas. Ce qui touche à l’apparence : soin, crème, accessoire de mode. Ce qui touche à l’organisation : rangement, planificateur, appareil de cuisine perfectionné. Ce qui touche à la santé, même sous forme de bien-être.

Chacune de ces catégories peut être reçue comme une suggestion polie d’amélioration. Vous pensiez faire plaisir, l’objet suggère qu’il y avait quelque chose à corriger. C’est le même écueil, en plus délicat, que celui rencontré avec un proche par alliance masculin, décrit dans notre article sur le cadeau pour quelqu’un de difficile.

Coin brodé d’un coussin blanc photographié en gros plan

La voie de l’objet gratuit

Il reste une catégorie totalement sûre, et elle est sous-utilisée : l’objet qui ne sert à rien et ne prétend à rien. Il ne peut pas suggérer une amélioration, puisqu’il ne remplit aucune fonction. Il ne peut pas corriger un goût, puisqu’il n’affirme rien.

Ce type d’objet ne dit qu’une chose : j’ai pensé à vous et je n’ai rien voulu prouver. Dans une relation où chaque geste est interprété, c’est exactement le message qui désamorce tout. Et parce qu’il est manifestement superflu, personne ne peut y voir un calcul.

La comparaison, sport familial

Une particularité de ce destinataire : votre cadeau ne sera pas jugé seul. Il sera comparé à celui de l’autre belle-fille, du frère, des voisins. Cette comparaison est rarement dite à voix haute, elle n’en est pas moins constante, et elle décide de la réputation de votre geste.

L’objet qui gagne cette comparaison n’est presque jamais le plus coûteux. C’est celui dont on peut parler. Un cadeau classique, même beau, ne fournit aucune phrase à qui voudrait le raconter ; un objet un peu absurde en fournit une immédiatement, et cette phrase circulera toute seule dans la famille pendant des mois.

Le prix, à manier autrement

Le montant pose un problème particulier ici. Trop bas, il confirme une distance ; trop élevé, il crée une gêne, parce qu’elle se sentira redevable et le dira à quelqu’un. Aucune des deux erreurs ne se rattrape.

L’objet dont le prix excessif est ouvertement la plaisanterie échappe aux deux. Personne ne peut se sentir en dette d’une somme dépensée pour rire, et personne ne peut vous soupçonner d’avoir été économe. Vous avez dépensé, cela se voit, et cela n’engage à rien.

Le bon cadeau est donc celui-ci : joli, neutre, complètement inutile, et payé une somme que tout le monde trouvera absurde. Il traversera les années sans jamais devenir un sujet. Ce mécanisme sert aussi au moment le plus scruté de l’année, que nous traitons dans notre article sur le cadeau de Noël insolite. Nos pièces ont été dessinées pour ce genre de situation.

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