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Cadeau pour quelqu’un qui a tout
C’est le pire client de la liste. Il a le matériel, il a la déco, il a les gadgets, il remplace ce qui casse avant même que vous l’ayez remarqué. Chaque année vous cherchez, et chaque année vous finissez sur un coffret dégustation dont vous savez pertinemment qu’il rejoindra les six autres.
Le problème n’est pas le manque d’idées
Le problème, c’est que vous cherchez encore un besoin à combler. Or cette personne n’a plus de besoin : c’est même la définition du problème. Tant que vous restez sur le terrain de l’utile, vous êtes battu d’avance, parce que tout ce qui lui serait utile, elle se l’est déjà offert, mieux et plus vite que vous.
Il faut donc changer de terrain. Ce qui manque à quelqu’un qui possède tout, ce n’est pas un objet de plus, c’est une surprise. Et une surprise ne s’achète pas au rayon : elle se fabrique dans l’écart entre ce qu’il attend et ce qu’il reçoit.
Viser la réaction, pas la possession
Posez-vous une seule question avant d’acheter : quelle phrase va-t-il prononcer en ouvrant le paquet ? Si la réponse est « merci, c’est gentil », abandonnez. Si c’est « mais tu es complètement malade », vous tenez quelque chose. La deuxième phrase se raconte, la première s’oublie avant le dessert.
C’est la même mécanique qu’un cadeau qui fait rire, avec une contrainte supplémentaire : il ne suffit pas d’être drôle, il faut être impossible à devancer. Quelqu’un qui a tout a aussi tout vu venir. La seule chose qu’il ne peut pas anticiper, c’est un geste qui ne suit aucune logique d’achat raisonnable.
Trois sorties possibles
La première : l’objet du quotidien porté à un niveau absurde. Une tasse, un polo, un verre — des choses qu’il a déjà, mais dans une version qui n’a aucune raison d’exister. L’effet ne vient pas de la nouveauté, il vient du décalage entre la banalité de l’objet et le sérieux avec lequel il est présenté.
La deuxième : l’expérience à la place du bien. Un cours, un billet, une journée. C’est souvent conseillé, et souvent décevant, parce qu’une expérience s’organise et que l’organisation retombe sur le destinataire. Vous lui offrez un cadeau et une contrainte d’agenda.
La troisième, la plus efficace : l’objet dont le prix est la blague. Vous achetez une chose parfaitement ordinaire à un tarif que personne de sensé n’accepterait, et vous l’assumez. L’effet est immédiat, parce qu’il ne porte pas sur l’objet mais sur vous. Autour de la table, tout le monde comprend en une seconde que vous avez dépensé ça pour rire, et cette information circule bien plus loin que le cadeau lui-même. Pour les destinataires féminins, la même logique appliquée à d’autres objets est détaillée dans notre article sur le cadeau insolite femme.
Ce que ça dit de vous, et pourquoi ça revient
Il y a un effet secondaire que personne ne mentionne. Celui qui offre un cadeau déraisonnable passe pour quelqu’un qui peut se le permettre. Ce n’est pas forcément vrai, et ça n’a aucune importance : ce qui compte, c’est l’image qui reste dans l’esprit des témoins. On vous prêtera plus d’aisance que vous n’en avez, et cette réputation-là, elle, ne se déballe pas mais elle dure.
Alors cessez de chercher ce qui lui manque, puisque rien ne lui manque. Cherchez ce qu’il ne peut pas s’offrir lui-même : le ridicule assumé d’un objet payé beaucoup trop cher par quelqu’un qui l’aime bien. Notre lot qui réunit les dix pièces a été conçu exactement pour ce cas de figure.